Silence

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Dans nos sociétés, le silence est à la fois un tabou et un luxe. Tabou, parce que, dans un monde voué à l’activité et à la compétition, on l’associe vite à l’ennui et à la peur de se retrouver seul face à soi-même. Luxe, parce que se ménager un espace de calme dans ce brouhaha incessant est un véritable acte de résistance. La société exige de se plier au bruit afin d’en faire partie plutôt que de rester à l’écoute de soi. Elle a besoin de notre activité et de notre consommation pour fonctionner et nous culpabilise lorsqu’on s’en éloigne.

Notre attention est sollicitée en permanence. Netflix, smartphones, réseaux sociaux n’ont de cesse de nous stimuler jusque dans notre intimité. Le temps dédié au soi, au travers de l’ennui et de la réflexion n’existe plus ou quasiment plus. La société fait peser un sentiment de culpabilité sur ces rares instants de latence, pourtant nécessaires à l’équilibre mental et psychologique de tout être humain.

Nous donnons la priorité à l’action, nous avons tous une liste de choses à faire, qui nous vaudra une sanction, et beaucoup de bruit, si nous ne la prenons pas en compte. Ainsi nous n’avons plus de place pour le plus important, qui souvent demande du temps et du discernement : rencontrer les gens qu’on aime, s’occuper de nos anciens, écouter nos enfants, marcher dans la nature, méditer..Nous passons ainsi à côté de l’essentiel.

Dans les traditions ancestrales, le processus initiatique du passage à l’âge adulte impose à l’enfant une mise à l’écart provisoire. Car ce n’est pas au milieu du groupe qu’il pourra réfléchir et se fortifier intérieurement. De même, avant toute prise de décision importante, le chef de tribu ou le chaman passent plusieurs jours seuls avec eux-mêmes ou en communication avec les forces surnaturelles. Ils acquièrent ainsi la lucidité nécessaire pour arbitrer. 

Savoir garder le silence est particulièrement utile dans une conversation difficile : il permet de recueillir des informations sensibles ou provoquer des confidences, en laissant l’autre face à lui-même. C’est un outil apprécié en diplomatie, puisqu’il en appelle à la finesse de votre interlocuteur, et l’invite à méditer sur votre échange plutôt que de rentrer dans une surenchère. Savoir se taire est aussi un excellent moyen d’apprendre, puisque l’on se met à l’écoute de ce que l’autre a à nous transmettre plutôt que de répéter ce que l’on connaît déjà.

Le bruit et l’agitation fonctionnent comme des distractions qui nous détournent de nous-mêmes et de notre intériorité. Dès que l’on se retrouve dans le silence et le calme, on a accès à notre vie intérieure. Il est alors possible d’atteindre cet espace paisible au fond de nous où se trouvent les réponses à nos questionnements.

Mais si le silence acoustique est primordial pour installer une sensation de calme à l’intérieur de soi, il existe d’autres formes de silences. Le silence corporel ou l’immobilité du corps, le silence attentionnel qui permet de laisser flotter son attention et de lâcher prise pour s’abandonner à la rêverie et, enfin, le silence de la méditation, qui mobilise notre attention au présent, à l’écoute de notre vie intérieure. Tous ces silences ont des vertus particulières sur notre organisme. 

Pour mieux fonctionner, développer des pensées positives et sécréter de l’ocytocine, l’hormone du bonheur, notre cerveau a besoin de silence. 

Le silence absolu n’existe pas dans la nature. Même dans les chambres sourdes, nous entendons le son de notre propre corps. Mais en écoutant mieux le silence, on peut percevoir une vibration, la vibration originelle, le son de l’univers, Om… I am….Je suis.

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